Principales maladies fongiques des légumineuses alimentaires en Algérie

Principales maladies fongiques des légumineuses alimentaires en Algérie

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Plusieurs maladies d’origine fongique sont inféodées aux cultures de légumineuses alimentaires en Algérie. Nous traiterons dans les paragraphes suivants les principales maladies, leurs agents causals et les moyens de leur gestion.

L’Anthracnose

Cette maladie, très commune sur pois chiche surtout, est causée par le champignon Aschochyta rabiei (appelé aussi Phoma rabiei). Le parasite attaque les parties aériennes de la plante : feuilles, tiges et gousses. Il est spécifique au pois chiche(Photo 1). Le champignon se conserve en été sous forme de pycnides ou pseudothèces. Il peut donc produire deux types de spores : la conidie issue d’une reproduction asexuée (pycnide) et l’ascospore issue d’une reproduction sexuée (pseudothèces).

Les ascospores, plus légères, peuvent être transmises par le vent sur plusieurs kilomètres alors que les conidies, plus lourdes sont transmises par les gouttelettes de pluie sur la même plante ou vers une plante voisine (quelques dizaines de centimètres). Les conidies et les ascospores sont à l’origine de l’infection primaire alors que seules les conidies sont à l’origine des infections secondaires. Elles sont à l’origine des symptômes observées en cours de végétation. La chute du rendement d’une culture infectée par l’anthracnose est due à la réduction de la surface photosynthétique (feuilles surtout) et la chute du nombre de graines/gousse.

Le champignon se transmet par la semence et peut aussi rester vivant sur les débris végétaux pendant trois années. Les repousses d’un pois chiche malade sont aussi une source d’infection. Les attaques, dues au champignon transmis par la semence, se caractérisent par la présence de lésions brunes au bas de la tige.

La contamination primaire de la culture peut provenir de la semence, du sol (débris végétaux infectés) ou d’une culture voisine attaquée. Une infection précoce (avant la floraison) empêche la formation des gousses alors qu’une attaque tardive, soit après la formation des gousses, aboutit à la contamination des graines(ou semences).

Lutte chimique

En plus de la qualité du produit,(ex..AmistarTop, Ortiva,) la période d’application et la qualité de la pulvérisation  sont des facteurs importants dans la réussite de la lutte chimique en végétation.

La tache chocolat ou Botrytis de la fève

Cette maladie, très commune des fèves, est causée par un champignon ascomycète transmis par la semence : Botrytis fabae Sard.. L’infection a souvent lieu en conditions humides et douces. Elle est présente dans tous les champs de production de fève en Algérie.

Les premiers symptômes apparaissent au niveau des folioles de la base sous forme de petites taches brunes et de forme variable (Photo 2). L’humidité est le facteur limitant la sévérité de l’attaque. Le nombre de jours pluvieux en Avril sont, sous nos conditions, souvent corrélés à la sévérité de l’attaque de Botrytis. La maladie provoque une chute du rendement en grain à cause de l’avortement des fleurs attaquées, autrement dit, une faible formation de gousses

L’infection  peut se faire à partir des :

  • semences infectées et non traitées,
  • spores d’un champ infecté transmises par le vent,
  • sclérotes vivants sur les débris des plantes malades

La lutte contre la tache chocolat se fait par :

  • la pratique d’une longue rotation, soit de 3-4 années et tout particulièrement en zones humides et/ou dans les sols lourds
  • La pratique des techniques de culture adaptées, telles que le semis clair et le semis tardif
  • Le contrôle des pucerons et autres ravageurs
  • l’application préventive, à la floraison, de fongicides homologués si des symptômes de la maladie (taches chocolat) sont présents sur les feuilles

La rouille

La rouille est une autre maladie fongique commune de la fève et de la lentille. Elle exige une température plus élevée pour son apparition et son développement. La maladie apparait souvent tard dans la saison (Mai en zone littorale) durant la phase de formation des gousses.(Photo 3) L’agent pathogène, Uromyces fabae,(Grev.) DeBy ex.Fuckel), un basidiomycète, possède deux stades évolutifs : urédospore (infections secondaires) et téliospore (infection primaire et conservation). Elle est moins importante sur le plan économique que la tache chocolat mais plus importante sur la lentille. La rouille provoque une chute prématurée des feuilles et du poids de la graine.

Les principaux risques d’infection sont :

  • L’utilisation de semences infectées à partir des débris malades
  • Les spores produites par les débris malades par la culture précédente
  • Les spores produites par les repousses de fève malade

Une forte infection provoque une réduction de la surface foliaire verte (photosynthèse) et une défoliation prématurée.

La lutte contre la rouille se fait :

  • La pratique de rotation
  • L’utilisation de variétés tolérantes
  • L’application d’un fongicide durant la floraison

La pourriture grise (Botrytis cinerea)

C’est une maladie commune à toutes les légumineuses alimentaires. Elle est très fréquente en zones froides et en zones littorales humides. Elle se manifeste surtout durant les printemps humides. Toutes les parties aériennes de la plante peuvent être attaquées : tiges, folioles, fleurs et gousses . Les lésions peuvent porter en conditions humides une moisissure grise. Les symptômes se manifestent sous formes de taches et lésions de couleur brun-foncé. Les gousses infectées donnent des graines  échaudées.

Lutte

  • Traitement de semences avec un fongicide homologué
  • Rotation : ne pas cultiver la lentille sur un champ déjà cultivé  deux ans avant avec de la lentille, du pois chiche, de la vesce
  • Variétés résistantes
  • Semis avec un large écartement (40-50 cm)
  • Un semis tardif (janvier) est moins exposé qu’un semis précoce (novembre) aux attaques de Botrytis mais il peut affecter le rendement en grain

•             Traitement fongiques en végétation avec des fongicides homologués comme l’AmistarTop et l’Ortiva.